Potentiel géothermique en Valais (GEOTHERMOVAL II)
Potentiel géothermique des conduits à perméabilité élevée à la base de la vallée glaciaire du Rhône en Valais
Le projet Géothermoval II, faisant suite au projet GEOTHERMOVAL,a pour but d’estimer le potentiel géothermique de la vallée du Rhône afin de pouvoir déterminer si cette ressource peut être exploitée pour les besoins grandissants en énergie liés à la densification des régions de plaine.
Afin d’identifier des zones d’intérêt pour la réalisation d’un forage géothermique, il est préalablement nécessaire de mettre en évidence la position et la profondeur de la base du remplissage quaternaire (épaisseur et types de dépôts) dans la vallée glaciaire du Rhône en se basant sur des études sismiques. Outre l’exploitation des résultats d’anciennes études (Campagne de sismique-réflexion dans la Vallée du Rhône entre Sion et St-Maurice: Perspectives d’exploitation géothermique des dépôts torrentiels sous-glaciaires. (Besson et al. 1993), projet PNR20 « Exploration du soubassement géologique de la Suisse » (Pfiffner et al. 1997)), deux autres campagnes de sismique réflexion cofinancées par le CREALP et le Canton du Valais ont été effectuées en 2013-2014 dans les secteurs de Martigny et Vétroz pour confirmer et affiner les précédents résultats (CREALP 2015, Sonney et al. 2020). Plus récemment en mai 2021, un nouveau profil sismique a été réalisé dans la région de Vétroz pour l’élaboration d’un modèle géologique 3D du remplissage quaternaire (travaux en cours).

Ces études ont permis d’estimer la limite entre les sédiments quaternaires et le substratum rocheux à environ 850 et 1’000 m de profondeur respectivement pour les secteurs test de Vétroz et Martigny. La base du remplissage de la vallée serait composée de dépôts torrentiels sous-glaciaires continus, potentiellement aquifères, dont l’épaisseur varierait de 50 à 150 m environ. La vallée du Rhône entre Martigny et Sierre empruntant l’important système de failles Rhône-Simplon, et les diverses formations géologiques se redressant au rebord septentrional de ce système de failles, les conditions sont favorables à l’apparition d’apports hydrothermaux par ascension (Sonney 2010, Sonney et al. 2020). Plusieurs secteurs dans la vallée du Rhône montrent soit des manifestations thermales en surface (Saillon et Saxon) ou soit des anomalies thermiques au niveau de la nappe phréatique (Fully, Martigny, Sion et Sierre). Le potentiel géothermique de la vallée du Rhône est donc élevé pour de futurs projets de moyenne profondeur (35°C < T° < 60°C).

Géothermoval II s’inscrit parfaitement avec les objectifs énergétiques du canton du Valais qui vise à long terme (2060) un approvisionnement en énergie 100% renouvelable et indigène, et de la Confédération (stratégie énergétique 2050) qui souhaite encourager la valorisation de l’énergie d’origine géothermique. Les atouts de la géothermie sont nombreux : utilisation en cascade des eaux thermales, énergie modulable en fonction des besoins, indépendance vis-à-vis du climat et des saisons, disponibilité en tout temps, faible impact visuel des infrastructures et très faibles émissions néfastes pour l’environnement.